L'histoire du vitrail et plus particulièrement l'histoire des techniques de fabrication des vitraux trouve son origine dans l'histoire du verre coloré : Dans l'art byzantin on commence à remplacer la pierre, matériau de base des mosaïques, par du verre, et à sertir ce verre par du plâtre, du bois ou de la pierre. Les musulmans également adaptent de petits morceaux de verre aux figures de pierre, de bois ou de plâtre qui ornent les fenêtres. Dès le Vème siècle, le verre coloré est employé aux fenêtres des églises chrétiennes. A Rome des morceaux de verre colorés sont assemblés dans des armatures de fenêtres.

Le verre est d'abord fabriqué avec du sable et de la potasse. En fondant le mélange devient liquide et en refroidissant il devient de verre. Vers le Xème siècle de la chaux est ajoutée ce qui le rend moins altérable. A l'époque romaine le verre est versé et étendu sur une table de bois ou un lit de sable. A partir XIIème siècle, le verre plat est obtenu par la technique du soufflage.

Dans la technique, dite bohémienne ou lorraine, du verre soufflé en manchon, le verrier souffle une bulle cylindrique dont il coupe les deux extrémités avant de la fendre sur toute sa longueur à l'aide d'un fer rougi au feu. Le cylindre ouvert est ensuite placé dans un four pour être complètement déroulé et former une feuille à peu près rectangulaire.

Dans la technique normande du verre soufflé en plateau, le verrier souffle une bulle qu'il ouvre à une extrémité pour obtenir, par un mouvement très rapide de rotation, un disque plat.

Pour colorer le verre, des oxydes métalliques sont fondus avec le verre. Les détails du décor, tels que des ombres ou des contours, sont peints sur le verre avec de la peinture noire. Les morceaux de verre colorés et peints sont assemblés sur une planche comportant la conception. Les bords de chaque morceau sont emboîtés dans des bandes de plomb en forme de H. Ces cames sont soudées les unes aux autres de sorte que le panneau soit bloqué. Quand un panneau est terminé, le mastic est inséré entre le verre et les cames de plomb pour l'imperméabilisation. La composition entière est alors maintenue par une armature de fer et montée dans la fenêtre.

Le verre, disponible seulement dans de petits morceaux, à l'éclat de pierres précieuses. Les morceaux, par leurs surfaces inégales et leurs épaisseurs variables, donnent des réfractions irrégulières et scintillent à la lumière.

Au début du XIIIème siècle la couleur est plus saturée et elle se diversifie. Les couleurs dominantes sont un rouge très transparent (la sanguine) ainsi que le bleu, le vert et le pourpre, obtenus avec des émaux translucides qui permettent l'utilisation de plusieurs teintes transparentes sur un seul morceau de verre. On utilise également un peu de blanc, davantage utilisé dans la seconde moitié du XIIIème siècle.

A l'origine, le décor est exécuté à l'aide d'une teinte unique, brune ou noire, selon les régions. A partir du XIVe siècle, il se trouve enrichi par l'association de trois couleurs (un noir, un brun et un sépia) et par toute une gamme de sels d'argent qui offrent des rehauts transparents et saturés de différents jaunes.

Au XIVème siècle l'invention du jaune d'argent (mélange de sulfure d'argent et d'ocre ou de chlorure d'argent et d'ocre) permet une teinture légère et brillante qui permet des oeuvres plus raffinées.

Les innovations techniques favorisent l'augmentation de la variété des verres. En parallèle, l'enrichissement du décor, aux XVème et XVIème siècles, rapproche le vitrail de la peinture sur panneaux.

Les artistes du XVème siècle ont réalisé une tonalité argentée par l'utilisation de grandes proportions de verre blanc. Avec l'amélioration de la verrerie plusieurs des caractéristiques du verre coloré médiéval ont disparues: petits morceaux à l'aspect de joyaux, épaisseurs variables.

Durant le XVIème siècle le matériel est plus lisse et les morceaux de verre plus grands. Vers le milieu de ce siècle l'utilisation des peintures d'émail a permis aux conceptions d'être entièrement peintes sur le verre avant d'être mise à la cuisson. Au cours du XVIème siècle les artistes du vitrail ont imité les effets de la peinture à l'huile avec des perspectives compliquées et des détails réalistes.

Une autre technique liée au décor est celle de la gravure de verres plaqués pour obtenir sur une seule pièce de verre deux couleurs, celle du verre sous-jacent et celle du verre de placage.

Au XIXème siècle de nouveaux procédés sont tentés, comme la peinture sur de grandes glaces (Sèvres) De nouveaux types de verres apparaissent, tels les verres opalescents et les verres imprimés d'un relief qui permettent la création des vitraux de style art nouveau et par la suite art déco.

Les verres opalescents sont des verres à l'aspect laiteux provenant de particules en suspension qui réfléchissent et dispersent la lumière. En 1879, John La Farge créé le premier vitrail utilisant des verres opalescents. Il remporte un grand succès. Il dépose alors un brevet et indique qu'il entends faire des placages de verres opalescents sur des panneaux de verres colorés. Huit mois plus tard, Louis Comfort Tiffany dépose à son tour un brevet, pas vraiment innovant, indiquant comment il compte réaliser ce placage (avec un couche d'air entre). Le brevet est accepté. Il en résulte une compétition féroce qui durera toute leur vie avec pour enjeu le marché du vitrail.

Dans les vitraux de Tiffany, les verres sont sertis d'une lame de cuivre rabattue de quelques millimètres sur chaque face. On rassemble ensuite toutes les pièces du vitrail et on étame les lames de cuivre pour lier ensemble tous les verres.

On utilise aujourd'hui des fours programmables, des lames au tungstène, des acides... mais la technique utilisée par les artistes reste proche de celle utilisée par les bâtisseurs de cathédrale du moyen-âge. Le verre de couleur est toujours fabriqué par soufflage à la bouche. Le dessin du vitrail, ainsi que le décor sont toujours exécutés à la main.

 

Vitrail - Hospice Sainte Marie
Vitrail de l'ancien Hospice Sainte Marie situé à Sanssat en Bourbonnais